Peines d’amitié ou comment avoir de l’inspiration après une intervention de Denise Bombarier

Classé dans : Les affaires tristes, Les amis, Mes opinions, Souvenirs — lancolia at 1:07 on Mardi, mai 20, 2008

Hier soir, je suis tombée sur l’entrevue de Denise Bombardier à l’émission de Denis Lévesque, à LCN (ou plutôt, j’avais une envie folle de rester écrasée sur le sofa et c’est mon père qui détenait la télécommande - donc pas le choix!). Ce n’est pas que je n’aime pas Madame B., mais je n’aime pas son attitude je-suis-meilleure-que-tout-le-monde et, surtout, sa manie de croire qu’elle détient la Vérité. Je n’apprécie pas non plus la nouvelle tendance qui est de faire appel à elle pour tous les sujets, comme si, justement, elle était une spécialiste de tous les domaines. Bref, hier soir, elle parlait de son bouquin sur les amitiés entre femmes et, notamment, des peines d’amitié. Ainsi, avec son charabia de c’est-comme-ça-que-ça-se-passe-mais-pas-moi-parce que-je-suis-tellement-mieux, j’ai tout de même été d’accord avec elle sur un point : les peines d’amitié existent et font très mal.

À la polyvalente
Par l’entremise d’une amie, je fais la connaissance d’un garçon particulier, appelons-le Xavier (nom fictif, bien sûr), et de son ami qui me font tous deux bien rire. Au fil du temps, Xavier et moi nous tissons d’une forte amitié, très loin de l’amour et des ambiguités. Nous avons beaucoup de plaisir ensemble, nous téléphonons presque tous les soirs et il vient me voir de temps à autres après l’école, malgré la distance qui en aurait normalement découragé certains. Bref, c’était une amitié gars-fille très intéressante qui m’apportait beaucoup.

Comme tout n’est pas parfait, notre amitié comportait aussi quelques hauts et bas. Xavier avait de la difficulté à être heureux, à trouver le positif dans le moins réjouissant, etc. Lorsque tout était blanc, il recherchait la moindre petite tache noire afin de l’amplifier et de démontrer qu’après tout, le blanc n’était pas si blanc. Un ami de ce genre siphonne beaucoup d’énergie et nous fait voir de plus en plus de petite tache noire dans le blanc le plus immaculé.

Malgré tout, c’était mon ami et j’aimais en prendre soin. J’adorais passer du temps en sa compagnie, jouer avec lui aux Hauts et bas d’une journée (qui consiste à dire son moment fort de la journée et le moment moins fort), etc.

À peine plus d’un an après le début de cette belle amitié, sans que je ne sache vraiment pourquoi, Xavier était sorti de ma vie. Du jour au lendemain, il tournait la tête lorsque nous nous croisions dans les corridors de l’école. Il ne m’appelait plus, ne me regardait plus. À ses yeux, je n’existais plus. Terminé.

Je lui ai écrit plusieurs lettres sans jamais les lui remettre afin de comprendre pourquoi. Juste pourquoi. J’ai passé plusieurs nuits à pleurer cette amitié perdue et l’incompréhension qui l’accompagnait.

Après le secondaire, on s’est revus. Alors que j’avais un peu bu, je lui ai posé LA question, celle qui faisait mal depuis si longtemps. Sa réponse? Parce que je n’avais pas le choix.

En fait, il m’avait demandé de faire un choix entre notre amitié et une autre, une vieille de plusieurs années et à laquelle je tenais énormément. Je lui ai dit que je ne pouvais prendre pareille décision et qu’il devait endurer que je ne puisse être entièrement dévouée à lui. Voilà, c’est pour cette raison que je me suis fait plantée là.

Pendant plusieurs années, nos rencontres n’ont tourné qu’autour de cela. Je ne décrochais pas, je lui en voulais de m’avoir fait si mal et, de son côté, de s’en porter si bien. Au fil des ans, plusieurs m’ont rassuré en m’expliquant qu’il n’était pas une bonne influence pour moi qui aimait tant la joie de vivre et, au fond, j’en étais consciente.

Toutefois, encore aujourd’hui, cette histoire me fait mal. Peut-être est-ce parce que c’est la seule amitié que j’aie perdu sans l’avoir voulu ou souhaité? Peut-être parce que le choc s’est produit à l’adolescence? L’amour? Non, je n’ai jamais cru à cette théorie : c’était comme mon petit frère.

3 commentaires »

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Commentaire par Noisette Sociale

20 mai 2008 @ 14:1

Les peines d’amitié font mal.

J’ai déjà vécu un peu la même chose.

J’avais un ami auquel je tenais énormément. On riait ensemble, on avait une complicité extraordinaire.

Puis quand il est devenu attaché de presse du maire Tremblay, il a flushé tout son monde qui était “pas hot”. De même.

Nous avons été plusieurs à être choqués de ça. Il ne prenait plus nos appels. Ne répondait plus à nos courriels.

Qu’à cause de ça. Ça fait mal. Parfois, comme aujourd’hui, j’y pense et je le prends durement. Même si dans le fond, par un tel agissement, il prouve qu’il ne valait pas la peine. Ça fait mal quand même.

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Commentaire par lancolia

20 mai 2008 @ 15:1

En effet, Noisette, ils n’en valaient pas la peine.

Pour moi, je crois que c’est difficile à accepter, notamment pour l’égo. De voir qu’on peut être flushée si simplement, si rapidement…

Au fond, ce sont eux, les pires!

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Commentaire par Michèle Bégin

9 août 2008 @ 15:1

J’ai flusché ma meilleure amie sans aucune explication et je ne le regrette pas.. Je vous explique.

Pour faire une histoire courte, il y a quelques années cette personne et moi avions un ami commun. Cet ami était surtout proche de moi et comme ça allait mal dans ma vie sentimentale, je me disais qu’au moins en amitié je pouvais trouvé un certain réconfort car ces deux personnes m’étaient très chères. Un jour notre ami commun est tombé malade puis est décédé au bout de deux ans. Il faut savoir que tout ce temps j’ai été présente pour lui et la perspective de le perdre me rendait d’autant plus triste qu’en amour je n’étais pas heureuse. Pendant un an, après son décès, j’ai été en dépression; ma meilleure amie me soutenait; dans sa vie à elle tout allait bien: amour, travail etc. Bref, de mon côté moi j’en bavais, même côté argent. Puis, graduellement ma situation financière s’est améliorée mais surtout j’ai rencontré quelqu’un dont je suis tombée amoureuse. J’estimais que je méritais ce bonheur car j’avais vraiment beaucoup souffert. Mais voilà que cette amie s’est mise à me bouder comme je me suis mise à aller mieux. Elle ne s’assoyait plus avec moi lors de réunions de travail. Elle ne répondait plus toujours à mes appels et écourtait les conversations. Bref, j’ai très nettement senti qu’elle aurait souhaité que je m’en remette jamais.J’ai été consternée par son attitude. Bref, j’allais mieux et ça la dérangeait… J’ai trouvé cela d’une mesquinerie écoureante compte tenu du fait qu’elle savait par quoi j’étais passée . Un jour, j’ai décidé de coupé tous les ponts sans aucunes explications car j’ai considéré qu’elle n’en méritait pas. Avais-je besoin d’une amie qui ne voulait pas que je m’en sorte?

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