Oh merde!

Classé dans : L'Amoureux, Les affaires tristes, Moi, Petite noire, Souvenirs — lancolia at 2:00 on Lundi, juin 9, 2008

Imaginez-vous la scène suivante.

Vous circulez à bord d’une petite voiture sport sur une rue résidentielle à double sens, une voie de chaque côté d’un terre-plein. Vous désirez vous stationner du même côté de la rue que la voiture de vos parents, à l’intérieur de laquelle votre mère vous attend. Après avoir enclenché le clignotant gauche pour signifier votre intention de tourner à la gauche, vous prenez un léger détour par la droite, pour mieux pénétrer l’autre voie. Signalons que les virages en U sont autorisés à cet endroit.

La mini-fourgonnette qui vous suit depuis quelques temps croit que vous vous stationner à droite, le long de la chaîne de trottoirs, et tente donc de vous dépasser par la gauche.

BANG! L’aile avant gauche de votre voiture ressemble à un vieux chandail fripé et la roue, elle, semble vouloir vivre sa propre vie.

Voilà ce qui s’est passé dans ma vie, samedi dernier, à 8h.

Nous attendons encore les conclusions du rapport de police à savoir laquelle des deux conductrices sera coupable, ou si ce sera 50-50. Est-ce que le policier aura considéré que j’ai été imprudente (malgré le clignotant) ou si ce sera plutôt l’autre dame qui aura été imprudente en ne remarquant pas mon clignotant et en ne ralentissant pas? C’est bien difficile de devenir ce qui se produira.

De mon côté, j’ai commencé à ressentir une douleur au bas du dos samedi soir. Je me suis donc rendu à la seule clinique ouverte le dimanche matin puisque la douleur était persistante et plus intense que la veille. Diagnostic : entorse lombaire, anti-inflammatoires pour 1 semaine.

Ça, c’est mon diagnostic physique. Celui de mon mental n’a pas été fait, mais je peux vous le résumer moi-même : choc et peur déraisonnable de tous objets de métal avec roues. Je me suis tout de même rendu au travail avec la voiture de mon père ce matin, et ce, sans pleurer. J’étais plutôt fière de moi. J’ai beaucoup pensé à ma cousine, à ce qu’elle avait du ressentir, à quel point elle avait du être terrorisé, à ce qu’elle avait pu penser à la fraction de secondes entre le « bang! » et l’inconscience. Déprimant, je sais. Mais je dois rappeler que j’étais déjà nerveuse en voiture depuis quelques années, alors ça n’a pas aidé.

Maintenant, j’attends la réponse de notre assureur, je gobbe mes anti-inflammatoires et je minimise mes mouvements brusques et les tâches difficiles.

Peines d’amitié ou comment avoir de l’inspiration après une intervention de Denise Bombarier

Classé dans : Les affaires tristes, Les amis, Mes opinions, Souvenirs — lancolia at 1:07 on Mardi, mai 20, 2008

Hier soir, je suis tombée sur l’entrevue de Denise Bombardier à l’émission de Denis Lévesque, à LCN (ou plutôt, j’avais une envie folle de rester écrasée sur le sofa et c’est mon père qui détenait la télécommande - donc pas le choix!). Ce n’est pas que je n’aime pas Madame B., mais je n’aime pas son attitude je-suis-meilleure-que-tout-le-monde et, surtout, sa manie de croire qu’elle détient la Vérité. Je n’apprécie pas non plus la nouvelle tendance qui est de faire appel à elle pour tous les sujets, comme si, justement, elle était une spécialiste de tous les domaines. Bref, hier soir, elle parlait de son bouquin sur les amitiés entre femmes et, notamment, des peines d’amitié. Ainsi, avec son charabia de c’est-comme-ça-que-ça-se-passe-mais-pas-moi-parce que-je-suis-tellement-mieux, j’ai tout de même été d’accord avec elle sur un point : les peines d’amitié existent et font très mal.

À la polyvalente
Par l’entremise d’une amie, je fais la connaissance d’un garçon particulier, appelons-le Xavier (nom fictif, bien sûr), et de son ami qui me font tous deux bien rire. Au fil du temps, Xavier et moi nous tissons d’une forte amitié, très loin de l’amour et des ambiguités. Nous avons beaucoup de plaisir ensemble, nous téléphonons presque tous les soirs et il vient me voir de temps à autres après l’école, malgré la distance qui en aurait normalement découragé certains. Bref, c’était une amitié gars-fille très intéressante qui m’apportait beaucoup.

Comme tout n’est pas parfait, notre amitié comportait aussi quelques hauts et bas. Xavier avait de la difficulté à être heureux, à trouver le positif dans le moins réjouissant, etc. Lorsque tout était blanc, il recherchait la moindre petite tache noire afin de l’amplifier et de démontrer qu’après tout, le blanc n’était pas si blanc. Un ami de ce genre siphonne beaucoup d’énergie et nous fait voir de plus en plus de petite tache noire dans le blanc le plus immaculé.

Malgré tout, c’était mon ami et j’aimais en prendre soin. J’adorais passer du temps en sa compagnie, jouer avec lui aux Hauts et bas d’une journée (qui consiste à dire son moment fort de la journée et le moment moins fort), etc.

À peine plus d’un an après le début de cette belle amitié, sans que je ne sache vraiment pourquoi, Xavier était sorti de ma vie. Du jour au lendemain, il tournait la tête lorsque nous nous croisions dans les corridors de l’école. Il ne m’appelait plus, ne me regardait plus. À ses yeux, je n’existais plus. Terminé.

Je lui ai écrit plusieurs lettres sans jamais les lui remettre afin de comprendre pourquoi. Juste pourquoi. J’ai passé plusieurs nuits à pleurer cette amitié perdue et l’incompréhension qui l’accompagnait.

Après le secondaire, on s’est revus. Alors que j’avais un peu bu, je lui ai posé LA question, celle qui faisait mal depuis si longtemps. Sa réponse? Parce que je n’avais pas le choix.

En fait, il m’avait demandé de faire un choix entre notre amitié et une autre, une vieille de plusieurs années et à laquelle je tenais énormément. Je lui ai dit que je ne pouvais prendre pareille décision et qu’il devait endurer que je ne puisse être entièrement dévouée à lui. Voilà, c’est pour cette raison que je me suis fait plantée là.

Pendant plusieurs années, nos rencontres n’ont tourné qu’autour de cela. Je ne décrochais pas, je lui en voulais de m’avoir fait si mal et, de son côté, de s’en porter si bien. Au fil des ans, plusieurs m’ont rassuré en m’expliquant qu’il n’était pas une bonne influence pour moi qui aimait tant la joie de vivre et, au fond, j’en étais consciente.

Toutefois, encore aujourd’hui, cette histoire me fait mal. Peut-être est-ce parce que c’est la seule amitié que j’aie perdu sans l’avoir voulu ou souhaité? Peut-être parce que le choc s’est produit à l’adolescence? L’amour? Non, je n’ai jamais cru à cette théorie : c’était comme mon petit frère.

Je ne comprends pas. Prise 2.

Classé dans : GRR!, La famille, Les affaires tristes, Les anniversaires, Mes opinions — lancolia at 6:57 on Dimanche, mai 18, 2008

Journée de lutte contre l'homophobie

Je viens de trouver cette affiche chez Noisette et elle me rappelle une anecdote récente, lors d’un rassemblement familial pour la fête de ma mère, sa soeur et la petite-fille de ma tante. 

 Cette dernière a 5 ans, trippe sur les princesses à fond la caisse et possède plusieurs costumes de princesse pour s’amuser avec ses amies.

Elle a aussi un petit frère âgé de 3 ans. Lors de ladite fête, les costumes ont été sortis pour amuser les enfants. Lorsqu’on a 3 ans et que l’on veut jouer avec les autres, on se fout bien de notre look et encore moins du qu’en-dira-t-on. Une fois la robe rose à paillettes enfilée, les commentaires d’un ou deux oncles scandalisés ont commencé à être lancés. Je n’en ai pas fait de cas.

J’ai toute fois du fournir un effort quasi-surhumain pour ne pas hurler lorsque j’ai entendu quelqu’un « conseiller » ma cousine (la mère du petit) en lui disant :

« Ne ris pas*, si il était homosexuel, tu pleurerais. »

Mon oncle a plus de 70 ans et a bien des principes (auxquels je ne m’identifie pas toujours). Je le vois 3 ou 4 fois par année et c’est sincèrement toujours un plaisir. Ma cousine et moi nous sommes lancées un regard sans équivoque qui voulait clairement dire « Je peux pas croire que tu penses comme ça, mais je ne dirai rien parce que je t’adore et que je ne veux pas m’embrouiller avec toi. »

*Ne ris pas : On ne riait pas du petit en question, mais vraiment de la situation parce qu’il était vraiment drôle et que, bien sûr, sur le coup ça détonnait un peu, notamment avec la petite prune et les quelques égratignures. La princesse n’était pas aussi gracieuse que les autres, bien sûr, sans doute dû aux souliers de course Les Bagnoles et à la tendance du petit à vouloir tout casser.

Je ne comprends pas.

Classé dans : La famille, Les affaires tristes, Les amis, Les enfants, Mes opinions, Moi, Vie d'adulte, Vie de blogueuse — lancolia at 6:35 on Dimanche, mai 18, 2008

Trouvé dans le Monde en saignant (qui m’a fait verser une larme) qui, lui, l’avait trouvé chez Zed.

Parce que je ne comprends pas qu’en 2008, une Journée de lutte contre l’homophobie existe encore. Parce que je ne comprends pas à quel point certaines personnes peuvent être méchantes envers l’inconnu et à quel point certaines autres (parfois les mêmes) peuvent avoir été brainwashées à trouver ça weird, pas naturel, etc.

Aussi parce que je n’arrive pas, mais alors là vraiment pas, à comprendre des commentaires comme « Chanceuse! T’as un ami gay! ». Comme si d’avoir la personne Y comme ami/membre de la famille/etc. depuis des années ne pouvait être considéré que depuis le coming-out. Pour moi, ce n’est pas ça l’important. Pour moi, c’est l’amour que j’éprouve pour cette personne. C’est le sourire qui se met sur mon visage lorsque j’entends sa voix au téléphone, lorsque je reçois un courriel de sa part, etc.

Parce que, décidément, je n’arrive pas à comprendre que certains ne peuvent voir la vie qu’en termes de personnes normales et de fifs, de tapettes. Quel manque de savoir vivre! Quel non-respect!

Parce que je rêve pour les personnes bornées de s’ouvrir.

Parce que je rêve pour les personnes pour lesquelles une telle journée est organisée de toujours vivre dans la sécurité et l’épanouissement, sans violence, sans méchanceté.

Parce que je rêve pour Yanie, Étienne, Anthony, Mathis, Alicia, Liliane, Alexis, Léa, Aurélie et autres petits d’une génération à venir d’une vie où une Journée de lutte contre l’homophobie serait désuète et ne vaudrait plus le coup d’exister.

Dur constat!

Classé dans : Les affaires bizarres, Les affaires tristes, Les amis, Moi, Vie d'adulte — lancolia at 10:05 on Vendredi, mai 2, 2008

Lors d’un souper entre filles il n’y a pas si longtemps, les conversations étaient profondes, où les angoisses, les espoirs, les déceptions étaient toutes formulées, sans gêne, sans retenue.

Moi, tout au long de ces échanges, je n’ai pas parlé beaucoup (outre quelques blagues, bien sûr). Par contre, mes ongles et la peau autour de mes doigts ont subi un dur coup.

Ce n’est que sur le chemin du retour que je m’en suis aperçue et que j’ai réalisé à quel point je pouvais avoir de la difficulté à parler de moi et de mes émotions.

Dur constat que de s’apercevoir à quelle point l’idée de me livrer peut me rendre nerveuse et m’angoisser. Décidément, faudra y travailler.

Fameux jour

Classé dans : Les affaires tristes, Les amis, Les anniversaires, Mes goûts, Souvenirs — lancolia at 3:31 on Mercredi, avril 23, 2008

Paradoxale. C’est ainsi que je qualifierais la journée de samedi prochain, le 26 avril. 

En 2008, ce sera la fête de Jou à notre bar préféré à Montréal. Ça risque d’être assez party animal, malgré le fait que je travaillerai le lendemain matin. 

En 2000, Stéphanie, ma cousine de 17 ans, décédait à la suite d’un grave accident de voiture. J’avais alors 15 ans. Dur, très dur coup. Je m’en suis remise, même si ça fait encore mal. 

Depuis 8 ans, je passe un 26 avril tranquille, non parce que je me l’oblige, mais bien parce que je me sens toujours yark et bof

Cette année, de toutes mes forces, pour moi, mais aussi pour Jou, je vais mettre cette lassitude de côté dès 18h afin de profiter pleinement de la soirée.

Bonne fête Chummé!!

« Previous Page