Oh merde!
Imaginez-vous la scène suivante.
Vous circulez à bord d’une petite voiture sport sur une rue résidentielle à double sens, une voie de chaque côté d’un terre-plein. Vous désirez vous stationner du même côté de la rue que la voiture de vos parents, à l’intérieur de laquelle votre mère vous attend. Après avoir enclenché le clignotant gauche pour signifier votre intention de tourner à la gauche, vous prenez un léger détour par la droite, pour mieux pénétrer l’autre voie. Signalons que les virages en U sont autorisés à cet endroit.
La mini-fourgonnette qui vous suit depuis quelques temps croit que vous vous stationner à droite, le long de la chaîne de trottoirs, et tente donc de vous dépasser par la gauche.
BANG! L’aile avant gauche de votre voiture ressemble à un vieux chandail fripé et la roue, elle, semble vouloir vivre sa propre vie.
Voilà ce qui s’est passé dans ma vie, samedi dernier, à 8h.
Nous attendons encore les conclusions du rapport de police à savoir laquelle des deux conductrices sera coupable, ou si ce sera 50-50. Est-ce que le policier aura considéré que j’ai été imprudente (malgré le clignotant) ou si ce sera plutôt l’autre dame qui aura été imprudente en ne remarquant pas mon clignotant et en ne ralentissant pas? C’est bien difficile de devenir ce qui se produira.
De mon côté, j’ai commencé à ressentir une douleur au bas du dos samedi soir. Je me suis donc rendu à la seule clinique ouverte le dimanche matin puisque la douleur était persistante et plus intense que la veille. Diagnostic : entorse lombaire, anti-inflammatoires pour 1 semaine.
Ça, c’est mon diagnostic physique. Celui de mon mental n’a pas été fait, mais je peux vous le résumer moi-même : choc et peur déraisonnable de tous objets de métal avec roues. Je me suis tout de même rendu au travail avec la voiture de mon père ce matin, et ce, sans pleurer. J’étais plutôt fière de moi. J’ai beaucoup pensé à ma cousine, à ce qu’elle avait du ressentir, à quel point elle avait du être terrorisé, à ce qu’elle avait pu penser à la fraction de secondes entre le « bang! » et l’inconscience. Déprimant, je sais. Mais je dois rappeler que j’étais déjà nerveuse en voiture depuis quelques années, alors ça n’a pas aidé.
Maintenant, j’attends la réponse de notre assureur, je gobbe mes anti-inflammatoires et je minimise mes mouvements brusques et les tâches difficiles.

